Biographie de Germaine Tillion

Germaine TillionEntrée de Germaine Tillion au Panthéon
le mercredi 27 mai 2015.

Pour en savoir plus...

Ethnologue française, née en 1907 à Allègre en Haute Loire, Germaine Tillion a résidé à Plouhinec (Morbihan) pendant de nombreuses années.

Résistante, déportée à Ravensbrück, médiatrice pendant la guerre d'Algérie, Germaine Tillion était une humaniste engagée, militante pour la paix et les droits de l'homme.

Elle est décédée le 19 avril 2008 à Saint-Mandé (Val-de-Marne).
Le décès de Germaine Tillion, le 19 mai 2008, est venu mettre un point final à une vie pleine et audacieuse guidée par le refus de l’injustice et de toutes formes d’autoritarisme. Elle a toujours été une intellectuelle et une militante, dans la réflexion et dans l’action, sans que jamais l’une ne prenne le pas sur l’autre.

Femme de combat aux multiples engagements, elle a d'abord été une pionnière de l’ethnologie.

Elève de Marcel Mauss, elle est envoyée en 1934 pour une première mission en Algérie dans les Aurès auprès des Berbères ChaouÏas.

A son retour en France , en juin 1940, elle s’insurge contre les positions du maréchal Pétain et fonde avec des chercheurs du Musée de l'Homme un des tout premiers réseaux de résistance.

Dénoncée, elle est arrêtée le 13 août 1942 et incarcérée à Fresnes. Elle est déportée à Ravensbrück le 31 octobre 1943.

C’est dans ce camp de concentration pour femmes qu’elle réussit à écrire à l'automne 1944 une opérette revue, le Verfügbar aux Enfers, sur l’enfer des prisonnières afin de distraire ses compagnes et les soustraire à l’horreur de leur détention.

A peine libérée de Ravensbruck (le 23 avril 1945), Germaine Tillion va consacrer plusieurs années à l'étude du système concentrationnaire et s'engager en faveur de la mémoire de ses compagnes mortes en déportation. On lui doit l'étude la plus précise qui existe sur Ravensbrück.

En novembre 1954, elle retourne dans les Aurès alors que la guerre d'Algérie a commencé. Elle y travaille sur le sort des populations et les dysfonctionnements de la société coloniale.

Chargée de mission de Jacques Soustelle, elle crée les Centres Sociaux.

Elle est une des premières à dénoncer les tortures et les exactions, elle multiplie les démarches pour tenter de mettre fin à la violence et sauver des victimes de la répression.

Elle publie, en 1960, « Les Ennemis complémentaires » ouvrage dans lequel elle traite des dangers qui guettent l'Algérie indépendante .

De retour en France, elle poursuit son travail d’universitaire au sein de l' Ecole des Hautes Etudes de Sciences Sociales et ses recherches sur la situation des femmes au Maghreb .

Elle continuera son travail d'ethnologue sur le terrain ; entre 1960 et 1974, elle accomplit seize missions scientifiques dans les zones sahariennes mais aussi au Moyen Orient et en Inde.

C'est en 1966 qu'elle publie "Le Harem et les Cousins", ouvrage de référence sur le statut des femmes dans les sociétés méditerranéennes.

Germaine Tillion a dénoncé le stalinisme et le goulag en URSS « Quelque soit sa couleur politique , l’oppresseur est le bourreau ». Elle a toujours été du côté des opprimés. "Je refuse de tuer l’un pour sauver l’autre"  a-t-elle dit pour expliquer ses positions lors de la guerre d’Algérie.

Inlassablement, elle poursuivra son combat pour défendre les minorités, les exclus, les victimes. Ainsi, en 1996, elle participe au collectif de soutien aux sans papiers de l'église Saint Bernard, en 2000, elle signe l'appel des 12 contre la torture en Algérie, en 2001, elle récidive cette fois-ci contre la torture en Irak et, en 2004, elle signe l'appel des résistants lors du 60ème anniversaire du Conseil National de la Résistance.

Cette très grande humaniste est un modèle de courage qui doit éclairer les générations futures .

Elle a fait honneur à Saint-Avé en donnant son nom à la Médiathèque le 25 septembre 2005.

Les livres de Germaine Tillion sont disponibles à la Médiathèque http://mediatheque.saint-ave.fr/

Le site de l'Association Germaine Tillion permet de retrouver toutes les informations la concernant : http://www.germaine-tillion.org