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Bâtiments publics

La mairie

Ancien bâtiment mairie La mairie de Saint-Avé, imposante construction de pierre, date de 1855. A l'origine, elle abritait aussi l'école de garçons. Elle s'harmonise bien avec les bâtiments qui l'environnent : manoir du Kreisker, maison des jeunes, église.

Tout commence en 1849. Malgré la loi Guizot*, le conseil municipal croit avoir trouvé un moyen pratique pour éviter d'avoir à construire une école.

Il demande au Préfet l'autorisation d'envoyer à l'école chrétienne de Saint-Patern de Vannes les enfants avéens, moyennant contribution financière. La municipalité motive sa demande en arguant que les enfants, dont le nombre ne dépasserait pas 30, y apprendraient mieux le français.

La demande est plusieurs fois renouvelée jusqu'au 28 septembre 1851, où sur réquisition de l'inspecteur d'académie de Vannes, la municipalité consent à construire une école de garçons à Saint-Avé.

Le 1er  janvier 1853, la municipalité, priée de se prononcer sur le choix de l'instituteur, frère ou laïc, opte pour les frères de Lamennais, dits de l'Instruction chrétienne, de Ploërmel, « bien qu'il faille 400 francs pour son installation, ce qui ne serait pas nécessaire pour un laïc, parce que le gouvernement ferait la dépense pour lui ».hotel de ville

Le 16 janvier 1853, le maire annonce que le devis pour la construction de la maison d'école des garçons se monte à 7 980 F.

Le 26 décembre 1853, le gouvernement donne seulement 1 000 F ; ce qui porte la part communale à la somme de 6 980 F.

Le 8 mai 1854, le conseil fixe la rétribution scolaire à 50 c par mois pour la 1ère catégorie et à I F pour la 2ème. Une liste de 15 enfants admis gratuitement est dressée par le maire et le recteur. L'école-mairie est ouverte en 1855.

Le 20 novembre 1887, par arrêté préfectoral, l'école communale de garçons est laïcisée.

2005/2007 : Restructuration de la mairie

Ce bâtiment répondra longtemps aux besoins des usagers, des élus et de l’administration municipale. Peu à peu, sous l’effet de l’augmentation de la population et de l’accroissement des compétences des collectivités locales, le bâtiment, malgré l’ajout enkysté de bureaux en préfabriqués, deviendra trop exigu. La municipalité décide alors l’extension et la rénovation de ce bâtiment qui fait partie intégrante de l’histoire et de la vie locales.  

L’aménagement de la nouvelle mairie a permis de répondre aux besoins de la commune, notamment d’offrir un accueil plus confortable aux Avéens, avec des services regroupés sur un même site, et des espaces de travail adaptés à leurs besoins.

Equilibre des volumes

"L’ancienne mairie a été réutilisée comme bâtiment principal. Sa capacité d’accueil au public est triplée. Sur trois niveaux, le renouveau du bâtiment « historique » reçoit 1050 m2 ! La fonction symbolique de l’institution est ainsi reconduite. L’extension au caractère contemporain accueille sur deux niveaux 1100 m2 de bureaux réservés prioritairement aux services", explique Jean-Pierre LAUBAL, architecte.

Insertion urbaine

La qualité de l’insertion urbaine est conditionnée par l’équilibre des volumes, la construction d’une silhouette ferme et sobre, l’évidence sans ostentation des entrées et passages, la netteté des rapports avec l’environnement végétal. L’ensemble bâti se veut à la fois structurant géométriquement (propre à l’institution) et scandant par ses vides, ses ouvertures, ses profondeurs, une relation au voisinage bâti, aux éléments végétaux, au confort des utilisateurs…

La nouvelle mairie a été inaugurée officiellement en janvier 2007.

Les matériaux créent l’harmonie entre le bâtiment existant et la nouvelle architecture

Le choix des matériaux et leurs mises en oeuvre participent de la création d’une harmonie entre le bâtiment existant et la nouvelle architecture.

Repères historiques

*Loi du 28 juin 1833, dite loi Guizot, oblige chaque commune à entretenir une école. Elle en aide la construction par une imposition de 3 centimes additionnels, complétés de subventions départementales (2 cts additionnels) ou de l'Etat.

Loi de 1882, dite loi Jules Ferry, sur l'enseignement primaire laïque et obligatoire.

Art.4 : "l'instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 ans révolus à 13 ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d'instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles par le père de famille lui même ou par toute personne qu'il aura choisie".

L'Hôpital

Dans la lignée des travaux de Pinel au XVIIIème siècle, un nouveau regard est porté sur la psychiatrie.
En 1838, une loi ordonne la construction d’un asile par département. L’architecture de l’ensemble due à Maigné laisse clairement envisager une stratégie d’enfermement. La symétrie des bâtiments reflète l’organisation bipartite de l’hôpital. Un côté est réservé aux hommes et l’autre aux femmes, confiées à des religieuses. La répartition par services se fait en fonction de l’état plus ou moins prononcé des déficiences mentales.

Pour le Morbihan, après quelques hésitations avec Plescop et consécutivement à l'enquête ouverte le 10 juillet 1880 (et malgré les protestations de certains habitants de Saint-Avé), un asile d'aliénés est ouvert à Lesvellec en 1886. Les bâtiments devaient accueillir une population de 500 malades.
 

hopital

La place centrale réservée à la chapelle laisse entrevoir le recours à la collaboration du divin à une époque où la psychiatrie était encore balbutiante. En outre la présence de cet édifice cultuel au sein de l’établissement public nous renvoie immanquablement aux temps précédant la séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’idée d’enfermement se lit également dans le fonctionnement économique de l’hôpital qui reposait sur un modèle autarcique, la ferme en étant le pilier.

Le choix de Saint-Avé s’est notamment fait en raison de la qualité des sources de la commune. Au XIXème siècle la médecine psychiatrique accordait en effet une grande importance à l’hydrothérapie. De 1886 à 1918, le nombre de patients double en passant de 500 à 1000. Les principales causes d’internement étaient alors l’hérédité et l’ivrognerie…

Aujourd’hui, l’hôpital a bien changé mais demeure le plus gros employeur de la commune et a largement entrepris une extériorisation de la prise en charge de ses patients. Vous pouvez le découvrir notamment à l’occasion des Journées du Patrimoine.

Sur l’hôpital de Saint-Avé entre 1886 et 1918, nous vous conseillons la lecture du mémoire de maîtrise d’histoire soutenu par Cyril Le Thiec en 1994.

La guerre de 1939-1945 bouleversa totalement le fonctionnement de l’Hôpital.

La quasi-totalité des bâtiments et du matériel furent réquisitionnées par les allemands et les malades évacués, comme cela était toujours exigé par l’armée allemande, vers les établissements de l’intérieur.

Un premier détachement allemand occupait déjà les deux grands pavillons quand le 15 juin 1943, l’ordre formel d’évacuation immédiate des malades fut transmis au directeur.

Le petit train de la gare de Lesvellec – qui fut en service jusqu’en 1946 – servit à transférer en 3 jours tous les malades vers l’hospice de La Roche Gandon en Mayenne, l’hôpital psychiatrique de Saint Gemmes sur Loire, à Breuty la couronne ou encore à Sainte Ylie dans le jura.

En mars 1944, après les dernières évacuations, il ne restait plus que 38 femmes et 51 hommes, encadrés par la Docteur Jean SALOMON à l’Hôpital psychiatrique de Lesvellec.

L’évacuation a ainsi concerné 719 malades mentaux ; 443 d’entre eux réintégrèrent l’Hôpital en 1945.